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Le chef d’aéroplace était perplexe. Donnerait-il à son tour le départ ? Il craignait de la brume au Sud, peut-être bien jusqu’à l'oued Noun, peut-être même jusqu'à Juby, et Juby demeurait muet malgré les appels de la T.S.F.

Antoine de Saint-Exupéry (Courrier Sud, 1929)

Au commencement de l'aviation commerciale, les compagnies utilisaient pour leurs escales, soit leurs propres terrains, soit des terrains qui ne leur appartenaient pas ; sur ces derniers elles entretenaient un service permanent, doté le plus souvent de ses propres moyens de transmission (téléphone, radio, T. S. F.). L'aéroplace désigne autant le lieu que l'équipe d'une compagnie aérienne organisant les vols sur un aéroport externe.

Le pilote se calma, déplia des sandwiches qui dataient de la veille au soir et mastiqua paisiblement. Il partirait dans vingt minutes. Le chef d'aéroplace souriait. Il tapotait le téléphone, sachant qu'avant longtemps il signalerait ce décollage. (...) Le chef d'aéroplace leva un doigt. Le pilote sourit, se redressa, emplit d'un air neuf sa poitrine.

Antoine de Saint-Exupéry (Courrier Sud, 1929)

Le chef de ce service, chef d'aéroplace, était responsable, tant devant sa compagnie que devant le commandant du terrain, des mouvements sur ce terrain des personnes et des appareils de la compagnie à laquelle il appartenait. Cette pratique a été abandonnée quand l'autorité absolue sur tous les appareils a été donnée aux services de la tour de contrôle des aérodromes.

Rivière avait écrit : « L'inspecteur Robineau est prié de nous fournir, non des poèmes, mais des rapports. L'inspecteur Robineau utilisera heureusement ses compétences, en stimulant le zèle du personnel. » Aussi se jetait-il désormais, comme sur son pain quotidien, sur les défaillances humaines. Sur le mécanicien qui buvait, le chef d'aéroplace qui passait des nuits blanches, le pilote qui rebondissait à l'atterrissage.

Antoine de Saint-Exupéry (Vol de nuit, 1931)
La ligne latécoère