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6ème Etape : Tarfaya – Laayoune – Dakla – Nouadhibou

Arrivée sur la piste de sable de Cap Juby au petit matin. Enfants, jeunes du Lycée de Tarfaya et enseignants sont là, plus que ravis de rencontrer les pilotes.
Des ouvrages pédagogiques leur sont remis par l’Association, en partenariat avec la Fondation Antoine de Saint-Exupéry pour la Jeunesse, la société Siemens Maroc et le concours de la Fondation Latécoère.
Trois palettes de fournitures scolaires acheminées ici quelques jours auparavant est également offertes collège de Tarfaya.

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Après les quelques traditionnelles photos devant les avions, les décollages s’enchainent soulevant une belle quantité de sable.
L’Antonov embarquera les jeunes pour des baptèmesde l’air; événement oh combien attendu !

Un long trajet au programme du jour pour rejoindre la Mauritanie. Avant d’atteindre l’aéroport de Nouadhibou, deux escales sont prévues pour les ravitaillements et les indispensables formalités administratives.
Un premier « saut de puce », d’environ trente minutes, permet de rejoindre l’Aéroport de Laayoune Hassan 1, à la fois base aérienne sensible (partie ouest) et terrain d’aviation civile (partie est).
L’équipage de l’Antonov nous quittera ici pour prendre la ligne commerciale et retourner à leur port d’attache, la Suisse.
Nous retrouverons ce superbe biplan avec deux nouveaux pilotes, sur ce terrain, lors du retour et de cette même escale de ravitaillement.

Nouveau décollage et cap sur Dakla, anciennement appelée Villa Cisneros. Une des étapes de la ligne mise en place par Pierre-Georges Latécoère (1920-1930), où nombreux pilotes de l’Aéropostale firent escale, dont Jean Mermoz, Antoine de Saint-Exupéry ou encore Henri Guillaumet.
Dakhla, l’une des dernières villes avant la Mauritanie, située à 650 km au sud de Laayoune, sur une étroite péninsule (Rio de Oro) qui s’étend sur environ 40 km parallèlement à la côte atlantique.
L’approche est magnifique. La lumière et les couleurs aussi.
Son vaste aérogare est désert et son tarmac particulièrement venté. Casquettes, plans de vol et même quelques billets (des Euros!) prirent leur envol !
Les formalités de douanes réglées, ce sont les avions cette fois qui s’envolent.

A droite, l’Océan. A gauche, du sable à perte de vue. Le désert, le vrai. Sans même une oasis à l’horizon.
Une immense ligne de chemin de fer apparait, la plus longue jamais contruite, sur lesquels circulent des trains interminables. Les GPS indiquent le point aéronautique « Mauri ».
La frontière est franchie. Nous sommes en Mauritanie. L’aéroport de Nouadhibou nous accueille.
Ici, ex Port Etienne, le 2 juin 1925, les pilotes Georges Drouin et Emile Lecrivain et le mécanicien Jean Lavidalie, à bord de deux Bréguet XIV des Lignes Aériennes Latécoère font escale, inaugurant ainsi la première liaison aérienne commerciale Casablanca-Dakar.
Une plaque et une grande hélice plantée devant l’aérogare nous le rappelle.

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« Vous avez les montres, nous avons le temps », ici ette expression prend tout son sens !
Après quelques heures de palabres, les visas sont donnés et les taxes d’atterrissages enfin réglées.

Une très conviviale soirée attendra les équipages sur la vaste terrasse de l’Alliance Française (sous l’invitation de son directeur), en compagnie de Monsieur l’Ambassadeur de France, de Monsieur le Consul de France et de nombreuses autres autorités.
Une exposition sur l’Aéropostale et une plaque commerative marquant l’escale de l’Aéropostale y seront inaugurées, également en présence du chef d’escale d’Air France en Mauritanie.

5ème Etape : Essaouira – Tan Tan – Tarfaya

Journée dense et riche aujourd’hui !

Décollage d’Essaouira dans une belle brise, avant de virer à gauche pour rejoindre la côte et les plages, à 1 000 ft,  jusqu’à la piste de Tan Tan.

Escale nécessaire au ravitaillement de certains appareils. L’Antonov a quant à lui mis le cap sur Agadir pour embarquer une équipe de France 2 qui suivra le Raid jusqu’à Dakar, en vue d’un reportage pour le « Feuilleton » du journal de 13h (diffusé la semaine du 26/10).

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Après Tan Tan, de surprenantes falaises érodées par les vagues, laissent place à des pitons rocheux et à de vastes cavernes. A l’Est, le désert avec quelques cabanes de pêcheurs, parfois un village ou un complexe hôtelier, incongru dans un tel paysage. En survolant ces étendues désertiques interminables, on réalise l’exploit qu’effectuait chaque jour les pilotes des Lignes Latécoère et Aéropostale… Plages, falaises, déserts immenses,… des paysages grandioses que les équipages ne sont pas près d’oublier.

Tout comme l’atterrissage sur la piste de sable de 700m de long, de Tarfaya – Cap Juby, rendue particulièrement mythique par Saint-Exupéry, chef d' »Aéroplace » de 1927 à 1929. Dès l’arrivée des petits avions, sur cette fameuse escale sud marocaine de ravitaillement des lignes de l’Aéropostale, des dizaines d’enfants sortent d’on ne sait où, les yeux écarquillés.

Il y a aussi de grands gamins. Tous souhaitent se faire photographier près ou dans les avions…  « Et on est heureux de leur offrir un tel plaisir » s’enthousiasme, Christiane membre d’équipage du Cirrus SR20 (de l’Aéroclub Marcel Dassault de Nangis).

Lorsque l’Antonov se pose, c’est un nouvel événement que personne alentour n’a voulu rater !

A quelques encablures du terrain, la petite ville de Tarfaya offre aux voyageurs son Musée de Saint-Exupéry et son Fort historique, auquel était accolée la Maison du personnel de Latécoère – Aéropostale.

Le dîner local est précédé d’une conférence particulièrement documentée et vivante de Bernard Bacquié, sur  “l’histoire de Tarfaya-Cap Juby”. Ancien pilote Royal Air Maroc et ancien commandant de bord Air France, Bernard Bacquié est  devenu auteur-éditeur, spécialisé dans les romans historiques et essais sur l’épopée des Lignes Latécoère – Aéropostale. Son dernier ouvrage  « Saint-Ex au Maroc » est centré sur les différents passages d’Antoine de Saint Exupéry au Maroc.

Pour commander les ouvrages : http://www.editionslaterales.com/accueil.html

Un peu d’histoire :

La reconnaissance des points de soutien intermédiaires sur Casablanca-Dakar n’était pas sans difficulté, nécessitant tant des connaissances géographiques qu’une expérience diplomatique et militaire.

A la demande de P.-G. Latécoère, le Maréchal Lyautey détache un officier, le capitaine Joseph Roig, qui dès décembre 1922 planifie une exploration du tronçon de 1500 km avec l’aide des autorités espagnoles qui contrôlent le territoire.

Au mois de Janvier 1923, le Capitaine Joseph Roig accompagné par le capitaine espagnol Cervera arrivent aux Canaries, d’où ils rejoignent Cap Juby par voilier à moteur.

Durant les trois mois suivants, ils reconnaissent le parcours de la ligne jusqu’à Saint Louis et établissent des accords de principe avec cinq tribus Maures pour l’assistance des aviateurs en détresse.

Le 3 mai 1923, le premier vol d’étude Casablanca-Dakar est effectué avec trois Bréguet 14.

Les pilotes sont Louis Delrieu, Robert Cueille et Victor Hamm. Deux mécaniciens et deux passagers, dont Roig les accompagnent.

Ils rallient Dakar via Agadir, Cap Juby, Villa Cisneros et Port Etienne.

Tout se passe bien, en partie grâce à la prévoyance de Roig qui a fait amener ravitaillement et carburant par bateau à Cap Juby et Villa Cisneros.

Ce sera désormais la pratique courante pour maintenir ces escales, mais les installations permanentes prennent du temps.

Dans tout le Rio de Oro des rapports font état de ravitaillement et d’essence amenés par bateau à Juby, Cisneros et Port Etienne.

Mais les ouvriers craignent des attaques maures et refusent souvent de venir travailler à l’aménagement du terrain.

Une attaque à Juby dégénéra en une bataille rangée entre les troupes espagnoles et les attaquants maures.

Les travaux d’aménagement sont interrompus.

De plus, durant l’été 1925, les mécaniciens nouvellement installés à Villa Cisneros doivent partir pour des raisons politiques (L’impact de la guerre du Rif sur les relations franco-espagnoles), avant d’y revenir bien plus tard.

Les installations des Lignes Latécoère consistèrent d’abord en une baraque Adrian, sorte d’abri en bois utilisé pendant la Grande guerre, installée près du fort pour le personnel.

Plus tard, un Bessoneau bâché (sorte d’entrepôt militaire démontable) y est ajouté pour le matériel.

Comme ils ne sont pas dans l’enceinte du fort espagnol qui est fermé la nuit, le chef d’escale imagine un système d’alarme en reliant une hélice tournant dans le vent quasi constant et fixée à un magnéto et à la poignée de la porte.

Tout intrus tentant d’ouvrir la porte, prenait alors un choc électrique!

Une sentinelle armée gardait en permanence les stocks d’essence et d’huile de moteur.

Des installations similaires furent érigées à Villa Cisneros et à Port Etienne, inspirées par les dispositifs de phares installés en France (à Bordeaux, Toulouse, Carcassonne, Narbonne, Le Perthus).

On ajouta plus tard, sur les trois escales, des phares de navigation à haute puissance pour guider les aviateurs la nuit. Lorsque le groupe électrogène tombait en panne, le personnel allumait des feux d’essence disposés en triangle, dont la pointe indiquaient le sens de l’atterrissage. Un dispositif similaire fut introduit aux escales du Sénégal.

Ce sera une des sources d’ altercations et même de morts de pilotes aux mains de tribus Maures, ainsi que de la captivité, pendant trois jours, de Mermoz.

En effet, les tribus considéraient celà comme une ingérance sur leur territoire.

N’oublions pas celle de Marcel Reine qui, avec l’ingénieur radio Serre, passe près de trois mois en captivité.

Pour être certain d’éviter des incartades avec les Maures, ou même de trouver des alliés (sous formes d’interprètes), les pilotes et chefs d’escales en emploient à des menus travaux pour s’assurer de leur neutralité. Ce faisant, ils s’inspirent des troupes espagnoles qui achétent le poisson frais chez quelques Maures soumis, ou le sutilisent au déchargement des bidons d’eau fraîche amenés par bateau des îles Canaries. En revanche, la nourriture des aviateurs est acheminée avec le courrier depuis Casablanca. Mermoz, affecté à Cap Juby en rotation hebdomadaire en 1927, note l’ennui qui sévit, et que l’on trompe tant bien que mal. Pour passer le temps, il dort quatorze heures par jour et apprend la cuisine grâce à un manuel qu’il a amené… (Mermoz, correspondance,  p. 206). Ses descriptions des limites de leur « liberté » concordent avec celles de St Exupéry, qui plus tard deviendra chef d’escale de Cap Juby.

Dans une lettre à sa mère, St. Exupéry, alors chef de l’aéroplace, note bien le mélange bizarre que représente une affectation à Cap Juby:

« ici on rigole bien (…) et on peut aller sans danger jusqu’à la mer. Ça fait au moins vingt mètres.

Je fais cette promenade plusieurs fois par jour. Mais si tu t’éloignes plus de vingt mètres tu reçois des coups de fusil.

Et si tu dépasses cinquante mètres, on t’envoie rejoindre tes aïeux (…) »

4ème étape : Tetouan – Essaouira

Bien qu’improvisée, la soirée d’hier fut (grâce à la longue expérience du responsable logistique du Raid), appréciée à l’unanimité.
Un exposé sur l’Aéropostale, concocté par un passionné de cette période de l’histoire de l’aviation, Eric Delga (notre gestionnaire des avitaillements), ponctua le dîner.

Ce matin, lever tôt ! Dès 7h30, les équipages sont près de leurs avions.
Assez vite, les avions éclaireurs prennent l’air et montent au niveau 75 (7500 ft), pour franchir la montagne accrochée de nuages et ouvrir la voie.
Les appareils se succèdent alors au décollage. Les uns faisant route directe vers Essaouira, les autres aux « pattes plus courtes » transitent par Casablanca, pour ravitailler.

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Tous devront passer au-dessus de la couche, puis pour les appareils en route vers Casablanca, descendre doucement vers la plaine côtière brumeuse.
Les montagnes pelées laissent place aux plaines légèrement verdies par quelques végétaux, à la foret, puis à l’aridité.
Ce camaïeu de brun et de gris est ponctué de rares villages et de maigres cultures.

L’immense citée de Casablanca apparait.
Le contrôle radio d’entrée dans la zone est particulièrement long à obtenir.
Quant les roues des machines touchent le terrain de Til Mellil, la temprérature africaine invite les pilotes à se mettre rapidement à l’ombre des hangars, pour déjeuner des pains marocains garnis de spécialités… du sud-ouest de la France.
Au décollage, le controle autorise le transit côtier vers Esaouira : itiniraire espéré, qui permet aux équipages de découvrir de manière exceptionnelle, l’impressionnnate Grande Mosquée (Mosquée Hassan 2), émergeant de la ville.

Quant à ceux ayant fait trajet direct vers le Sud Marocain : découverte du centre du pays et de ses paysages contrastés.

Après 3 à 4 heures de vol (selon les performances des appareils): atterrissage sur la piste d’Essaouira, sous une température de 29° et une météo cavok.

La découverte de la ville sera suivie par le traditionnel breifing du Président de l’Association, mettant l’accent sur l’aspect mythique du posé demain à Tarfaya / Cap Juby et insistant sur les consignes de sécurité et les procédures d’arrivée sur les prochains terrains.

3ème étape : Malaga – Tetouan

Après de classiques formalités administratives, les équipages ont rejoint leurs appareils parfaitement alignés sur le tarmac de l’aérodome de Malaga.

Afin de simplifier les procédures d’entrée sur le continent africain, trois groupes d’avions ont été formés par la direction des vols du Raid.
Et sous une météo grisonnante, les vols ont été lancés.

Transit côtier, entre 500 et 1 000 ft, passage au large des pistes de l’aéroport international de Malaga et poursuite du trajet le long de la côte, jusqu’à l’approche de Gibraltar.
Après un léger épisode pluvieux, le célèbre « Rocher » est apparu dans une éclaircie.

Cette Terre anglaise en territoire espagnol fut laissée sur la droite pour gagner une enclave espagnole en territoire marocain : Ceuta !
Et les premiers massifs marocains ont émergé de la brume.

L’étape du jour devait donc conduire les aviateurs à Rabat. Mais cela était sans compter sur les déplacements du Monarque marocain…!
Les 23 appareils du Raid ont ainsi du se reporter sur l’Aéroport de Tetouan Saniet R’Mel.
Contrôleurs et personnel de piste n’ont pu cacher leur surprise en accueillant, coup sur coup, 22 petits avions et l’étonnant biplan Antonov.

2348 prépa vol Tetouan raid afrique 2015 (1 sur 1) 2288 Preparation vol Malaga raid afrique 2015 (1 sur 1)

Après une longue incertitude sur la poursuite des vols du jour, la navigation a finalement abouti à… l’hôtel le plus proche.

2ème Etape : Castellon – Malaga

Dans la matinée, les 23 avions du Raid Latécoère Afrique 2015 ont décollé de l’aérodrome de Castellon, mettant le cap sur le Sud de l’Espagne.
Les vents plus forts qu’annoncés et l’activation de certaines zones militaires ont conduit les équipages à modifier un peu leur trajectoire. A l’image des pionniers, les pilotes ont su s’adapter aux conditions et aux aléas.

Après un passage au Nord de Valence, travers Albacete, puis par le Sud de Grenade, les appareils ont longé la Sierra Nevada subissant les quelques turbulences typiques aux régions montagneuses.
Les paysages parfois lunaires, rocailleux ou désertiques, ponctués d’un nombre phénoménal d’éoliennes n’ont pas manqué de surprendre durant cette navigation d’environ 3h (selon les types d’appareils).

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Les atterrissages se sont ensuite enchainés sur l’aérodrome de Malaga, escale historique et la dernière avant le passage sur le territoire Marocain.

C’est en effet ici, à Malaga, que Didier Daurat fut Chef d’Aéroplace, terme utilisé en 1919, avant de devenir Directeur d’exploitation de la Ligne Aérienne Latécoère.
Sa mission consistait à assurer la liaison entre le continent européen et africain. Un rôle difficile, à l’image de la traversée de l’Espagne, à l’époque. Les fameux Bréguet XIV subissaient parfois des vents aux vitesses bien supérieures aux leurs !

Pour les équipages du Raid, le vol s’avéra sans aucun doute plus paisible que pour nos pionniers.

Le briefing pour l’étape suivante, en direction du continent africain, conclua la journée.

Lancement du Raid Latécoère Afrique !

Vendredi 2 Octobre, les 23 équipages participant à la 9ème édition du Raid Latécoère Afrique se sont retrouvés sur l’aéroport de Toulouse-Francazal, avec dans les esprits la perspective d’une fabuleuse aventure sur la trace de pionniers…

Les responsables de l’Aéroclub Pierre-George Latécoère, association organisatrice du Raid, les attendait pour un copieux briefing. Consignes de sécurité, étapes, programme, navigation… tout fut passé en revue. Sans oublier d’évoquer l’esprit du Raid et ses différents objectifs.
Le Raid propose de faire revivre l’aventure humaine, historique et sportive que fut celle des Lignes Latécoère – Aéropostale.
Il a également pour objectif d’entretenir la mémoire de ces Lignes et de tous ses pionniers, de faire l’inventaire des vestiges, mais aussi de soutenir des projets culturels et solidaires centrés sur l’éducation.

En fin de journée, une réception à l’aéroport de Blagnac, au restaurant le « 8ème Ciel » a rassemblé pilotes, passagers, organisateurs, sympathisants et élus de la Mairie de Toulouse.

Pour cette édition et pour la première fois, 4 ULM font partie de la caravane; une prouesse administrative, sachant qu’en dernière minute la DGAC marocaine nous informait que le survol et les atterrissages ne seraient pas autorisés pour les ULM  !
La présence de L’Antonov AN-2 de l’Association Antonov Suisse Romande est également une première.

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L’appareil (revendiquant le titre de plus gros biplan monomoteur au monde!), datant de la fin des années 40, accompagne le Raid jusqu’à Laayoune et transporte entre autres, des fournitures scolaires, destinées à des écoles marocaines. Il servira également d’assistance technique.
Notons aussi la participation d’un équipage entièrement féminin !

 

Samedi 3 Octobre, à 12h15, décollait l’avion « ouvreur » du Raid. Un départ retardé par une météo légèrement capricieuse… Puis le ballet aérien a débuté avec les décollages successifs des 22 autres appareils en direction de l’Espagne.
Après le survol de Carcassonne et de la Baie de Rosas, un passage travers Barcelone, la traversée des marais de l’Ebro, atterrissage à Castellon, pour cette première étape, où une « indispensable » paëlla a su ravir les convives !

« L’Aérien pour relier les Hommes », telle était l’idée de Pierre-Georges Latécoère, fondateur des Lignes Aériennes Latécoère qui deviendront Aéropostale.
Cette phrase résume toute la philosophie du Raid Latécoère : une aventure emplie d’humanisme, qui rassemble les Hommes autour d’une histoire, une partie de notre patrimoine culturel.

 

Un peu d’histoire :

Le 25 décembre 1918, un avion français de type Salmson 2 se posa sur l’hippodrome de Barcelone, piloté par René Cornemont, avec Pierre-Georges Latécoère comme passager. Ce trajet, depuis Toulouse, fut effectué en 2h20.
Le 10 avril, après deux premières tentatives infructueuses, Beppo de Massimi et le lieutenant Rodier rallient Madrid depuis Barcelone, accomplissant un voyage d’étude d’embranchement de la Ligne.
Dans le contexte du contrat français signé en juillet 1919, Barcelone fait partie de la Ligne aérienne Toulouse-Rabat et compte comme première étape internationale sur cette ligne : Toulouse-Barcelone via Perpignan fait 380 kms sur les 1755 que compte Toulouse-Rabat.
L’aéroplace (comme on appelle un petit aérodrome à l’époque) de Barcelone, est aussi appelée « la volatéria » par les Espagnols.
A l’origine, il s’agit d’une bande de terrain de 200-300 m de large pour 600-800 m de long, placée au bord de la mer à une quinzaine de kilomètres de Barcelone.
Le terrain d’atterrissage étant marécageux, il séjourne dans le village de Pratt de Llobregat et le rallie d’abord par mule, puis plus tard au moyen d’une vieille Chevrolet Torpédo. La route étant longue et peu praticable, l’essence en bidons de 200 litres (taille standard) ne peut y être amenée et doit être transvasée dans des fûts de 50 litres amené par tartane.
Quant aux installations, elles consistent à l’origine en un hangar Bessoneau (une sorte de « kit » militaire), puis en une baraque en bois.
Parmi les pilotes qui seront basés à Barcelone, on peut citer Guénard, Jayet, Lunel, Benoit, Cavaillès, et Trachet.
Barcelone joue un rôle important dans la vie de la Ligne. En effet, les nouveaux pilotes, une fois formés, sont toujours « lâchés » d’abord sur Toulouse-Barcelone, où leur première « victoire » est de franchir les Pyrénées !

Samedi 12 Septembre : Dernière étape – Monaco

L’arrivée du 1er Raid Latécoère Hydravion s’est faite sous les applaudissements, accompagnés par les sirènes des yachts, des voiliers de tradition et des canots automobiles, réunis à l’occasion de la « Monaco Classic Week ».
Les hydravions ont survolé le Rocher et le port de Monaco saluant avec brio le passé commun de la Principauté et de l’hydraviation !

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En effet, dès 1911, l’hydro-aéroplane d’Henri Fabre, piloté par Jean Becue, volait au prestigieux Concours de Canots Automobiles de Monaco. En 1912, huit biplans s’affrontaient pour le premier concours d’ « aéroplanes marins », comme on les appelait à l’époque, organisé par la principauté de Monaco et réunissant une foule impressionnante.

Près d’un siècle plus tard, ce 1er Raid Latécoère Hydravion aura aussi enthousiasmé les spectateurs, comme les participants !

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Près de 1300 Nm auront été parcourus par chaque appareil et neuf plans d’eau « visités » durant ces huit jours.

Les équipes de l’Hydroclub de France, d’Aquitaine Hydravion, de la Base Latécoère Catalane et de l’Aéroclub Pierre-Georges Latécoère auront su prouver que l’hydraviation en France peut bel et bien renaître.

L’initiative n’était pas simple ; particulièrement sur le plan administratif. Cette réussite constitue un grand pas pour le renouveau de l’hydravion ; appareil à empreinte écologique faible, capable de se poser sur 70% de la planète !

Elle permet aussi d’entretenir ce patrimoine universel.

L’édition 2016 occupe déjà les esprits ! Les dates seront communiquées prochainement.

En attendant, l’aéroclub Pierre-Georges Latécoère orchestre dans quelques jours le Raid Latécoère en Afrique (du 2 au 17 octobre)…

 

Vendredi 11 Septembre : Etape à Saint-Tropez

L’arrivée des cinq hydravions au-dessus du golfe de Saint-Tropez, puis leur entrée dans le port, entre luxueux yachts et imposants voiliers, ne pouvaient que surprendre !

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Les Piper PA18 ont amarré sur la grande jetée, tandis que les Seamax ont paisiblement fait escale dans l’Anse de la Ponche.

St Trop''

Les touristes comme les tropézien(ne)s n’ont pas manqué de curiosité !

Car même si depuis quelques années, Saint-Tropez s’illustre avec plusieurs manifestations tournées vers la mémoire, en lien avec l’aviation et Pierre-Georges Latécoère (« les Ailes de Saint-Tropez »), l’événement du jour était unique ; permettant ainsi de rappeler le lien entre la Ville et l’hydravion.

En effet, à la fin des années vingt, Pierre-Georges Latécoère envisage de prolonger la ligne vers l’Amérique du sud. La baie des Canoubiers, dans le Golfe de Saint-Tropez, servira de site d’entrainement pour Jean Mermoz, Jean Dabry et Léopold Gimié avant leur première tentative de traversée de l’Atlantique avec un monomoteur.

En soirée, Marie-Vincente Latécoère, Présidente de la Fondation Latécoère, Dominique Lejeune-Cressend, Vice-Présidente de l’aéroclub PG Latécoère, ainsi que l’équipe organisatrice et les pilotes ont été reçus dans le jardin du Musée de l’Annonciade, en présence de Monsieur le Maire de Saint-Tropez, Jean-Pierre Tuveri, Claude Bérard, 1er adjoint au Maire et Denis Zott, directeur de cabinet et de la communication.

Jeudi 10 Septembre : Etape de Marseille

Quel beau et symbolique spectacle aujourd’hui à Marseille. Pour les nombreux spectateurs réunis sur le Vieux Port, tout autant que pour les pilotes ! L’approche et l’amerrissage devant l’entrée du Vieux Port de Marseille, restera un moment mémorable pour l’équipe du Raid hydravion.
« Il s’agissait de la première fois, depuis 70 ans, qu’un hydravion rentrait dans ce Port », rappela Yves Pleindoux, initiateur et co-organisateur de cette étape marseillaise et directeur du Hard Rock Café de la ville.

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L’arrivée du Canadair et son remorquage jusqu’au quai de la Fraternité fit également sensation. Celui-ci a été mis en place à l’occasion de ce Raid grâce à la coopération de la Sécurité Civile qui organisa des visites de l’appareil tout au long de la journée

La cité phocéenne a toujours été le site privilégié de l’hydraviation, depuis le début du 20ème siècle. L’activité connaît ses premières heures de gloire avec Henri Fabre (1882-1984), ingénieur et aviateur français marseillais, inventeur en 1910 d’un «hydro-aéroplane» qui effectua son premier vol sur l’étang de Berre le 28 mars 1910. Notons aussi qu’en 1923, Marseille devient tête de ligne pour des liaisons commerciales, Latécoère, vers Alger.

Cette étape, en présence de Dominique Tian, 1er adjoint au Maire et de Maurice Dinocera, conseiller départemental, gagna comme les précédentes, son pari : entretenir cette mémoire, mais aussi montrer que l’hydravion a encore aujourd’hui toute sa place dans le paysage français.

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L’événement se voulait aussi culturel. Michel Polacco, journaliste spécialiste de l’aéronautique et Laurent Albaret, historien, ont retracé lors de leurs conférences, les grands lignes de cette épopée. Et une remarquable exposition sur Pierre-Georges Latécoère et l’histoire de ses lignes aériennes et de l’Aéropostale a été particulièrement mise en valeur sous les splendides voutes du Hard Rock Café.

 

 

 

Mercredi 9 Septembre : Etape à Martigues

C’est ici, à Martigues, que commença l’hydraviation. Une étape en ces lieux historiques s’imposait donc !

Henri Fabre (né le 29 novembre 1882 à Marseille) a fait décoller le premier hydro-aéroplane sur l’étang de Berre, à Martigues, le 28 mars 1910.

L’appareil parcourut 800 mètres au-dessus de l’étang et se posa sur l’eau : c’était le premier hydravion au monde à avoir décollé de manière autonome. Il réussit son vol et son amerrissage !

Après une belle navigation sur le long de la côte, les appareils se sont posés sur l’Etang de Berre, une hydrosurface permanente créée en septembre 2013, rejoints par deux autres appareils locaux ; puis ont été « hébergés » sur la plage du Club de voile de Martigues.

Martigues

Durant la journée, des séances de simulateur de vol ont été proposées aux jeunes, par la section régionale de la FFPLUM (Fédération d’ULM), et une riche exposition sur l’hydraviation, présentée par Henri Conan, Président de l’Association « Mémoires de l’hydraviation ».

Notons la sympathique présence de Mario Fabre, le petit fils d’Henri Fabre.

Jeudi 10 septembre, suite de l’aventure à Marseille, avec des événements d’envergure organisés dans le Vieux Port et en ville.