Départ de l’édition 2017

Décollage en milieu d’après-midi après la démonstration de la patrouille de France avec pour consigne ne pas dépasser 1000 ft/sol en raison de la présence des espaces aériens de l’aéroport de Toulouse-Blagnac juste au-dessus de nos têtes.
Les équipages quittent la région toulousaine et s’engouffrent dans la vallée de l’Aude, le mauvais temps est devant et l’arrivée à Barcelone ce soir n’est pas garanti. Le trait de côte arrive, il est temps de prendre plein sud le long de l’étang de Salses, l’embarcadère Latécoère de Saint-Laurent de la Salanque est dans notre aile droite.

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Merci !

photo groupe à Tarfaya (1 sur 1)

L’édition 2015 du Raid Latécoère Afrique s’est achevée comme prévu Samedi 17 Octobre à Lézignan.

Partis de Toulouse deux semaines plus tôt, 23 équipages, soit plus de 70 personnes, ont parcouru les traces des pionniers : Antoine de Saint-Exupéry, Henri Guillaumet, Didier Daurat, Jean Mermoz… Ceux-là même qui au péril de leur vie ont transporté du courrier, puis des passagers au-delà des frontières, des continents, des océans.

Ce symbole de l’avion qui transporte le courrier, c’est bien une part d’humanité qui s’incarne, l’idéal d’une main tendue entre les hommes au-dessus des territoires, quête sans fin d’une fraternité collective, victoire sans cesse renouvelée sur l’espace et le temps qui séparent les hommes.

Merci à Mme Marie-Vincente Latécoère pour son fidèle soutien sans faille depuis la création de cette association. Au travers de la Fondation Latécoère, Mme Latécoère a rassemblé les pièces historiques de ce qui a été la base du transport aérien en France.

Merci à tous les partenaires, aux associations et aux Fondations qui soutiennent le Raid Latécoère depuis ses débuts. Ensemble nous réussirons le centenaire des Lignes Aériennes Latécoère et Aéropostale !

Merci à tous les équipages venus d’Europe, mais aussi d’Argentine, pour avoir participé à cette édition et permis sa réussite. Grâce à leurs efforts financiers et physiques, grâce à leur engagement, l’histoire de « La Ligne » revit chaque année de Toulouse à Santiago du Chili. Leur présence est nécessaire à l’entretien de la mémoire des Lignes Aériennes Latécoère et Aéropostale, partie de notre patrimoine culturel.

Merci aux personnels de la Cellule de Crise du Ministère des Affaires Etrangères pour leurs conseils. Leur éclairage sur ce que devaient être les conditions maximales de sûreté et de sécurité a fortement contribué au bon déroulement de ce Raid Latécoère Afrique.

Merci aux personnels de la Direction Générale de l’Aviation Civile qui ont permis de réaliser ce qui semblait impossible : la participation d’ULM au Raid Latécoère Afrique. L’implication des personnels a permis de débloquer une situation délicate à quelques heures du départ. Quatre ULM ont ainsi parcouru « La Ligne » de Toulouse à Dakar.

Merci à toute l’équipe de bénévoles de l’Aéroclub Pierre-Georges Latécoère pour son implication​, sa rigueur, sa patience, sa capacité d’adaptation, sa réactivité et sa bonne humeur. Ce fut un raid éprouvant pour toute l’équipe, mais la réussite est là, bravo !

Merci à toi Pedro, pour la leçon de vie que tu nous a donnée. Présent à Toulouse Francazal, tu as été obligé de renoncer au départ pour aller subir des soins intensifs en Allemagne. A peine sorti des urgences, tu sautais de nouveau dans un avion pour nous rejoindre à Malaga et parcourir « La Ligne » jusqu’à La Ayoune. Ton dynamisme, ta joie, ton humour ont marqué cette édition 2015. Tu incarnes ces valeurs de dépassement de soi, d’humanisme, d’amour et de paix que nous tentons d’insuffler au sein du Raid Latécoère. L’ensemble des participants du Raid Latécoère Afrique 2015 t’adresse un message d’amour et te dédie cette édition. Courage l’ami, accroche-toi !

Merci !

Dernière Etape : Castellon – Lezignan – Bases respectives

Samedi matin, décollage de Castellon, sous la grisaille et la fraicheur.

Cap sur l’aérodrome de Lézignan (siège de l’Aéroclub PG Latécoère) pour la moitié des équipages. Les autres regagneront directement leurs «camps de base »  pour cause de météo incertaine.

vol en espagne (1 sur 1)

Samedi soir, la boucle est bouclée. Les 22 appareils ainsi que l’Antonov sont posés sur leurs terrains respectifs.

L’édition 2015 fut un bon cru.

Le Raid s’est déroulé en toute sécurité, l’Antonov était présent sur la plupart des étapes, les ULM parfaitement intégrés et à l’étranger, l’événement a rayonné.

Ajoutons à cela : un groupe soudé, une météo au rendez-vous et une mécanique qui a tenu le coup, tout autant que les organismes !

5 000 Nm ont été parcourus et en moyenne 45 heures de vol effectuées par chaque équipage.

Nous aurons traversé l’Espagne du Nord au Sud, le Maroc, la Mauritanie, pour arriver au Sénégal : des survols splendides et à chaque escale, un formidable accueil !

nuage frontiere espagne france (1 sur 1)

Avec des images plein les yeux, nous retiendrons des moments forts, émouvants, des instants de partage et des rencontres mémorables.

« L’Aérien pour relier les Hommes », telle était l’ambition de Pierre-Georges Latécoère.

Il s’agissait bien plus qu’une formidable idée.

Une histoire humaine, riche et intense… qui se perpétue !

 

 

Etape 11 & 12 : Agadir – Rabat – Castellon

Agadir – Rabat :

C’est sous une météo toujours aussi cavok que la Caravane du Raid a décollé en fin de matinée de la piste d’Agadir, en direction de Rabat.

Une escale d’importance pour le Raid.

Il s’agit en effet du premier point d’ancrage Latécoère au Maroc.

Le premier vol d’essai entre Toulouse et Rabat s’est déroulé le 19 mars 1919.

Et c’est le 1er septembre de cette même année que le service devint régulier avec les sections fameuses de Barcelone, Alicante, Malaga, Tanger.

Déjà, c’est toute l’Espagne qu’on franchit en trois bonds.

vue nord maroc (1 sur 1)
A nos côtés pour cette navigation le long de la chaine de l’Atlas, de nouveau l’Antonov 2 que nous avions retrouvé à Laayoune, avec un nouvel équipage tout aussi sympathique que le premier !
Il s’agit de notre dernière étape africaine. Une légère mélancolie commence à se faire sentir…
Toute l’équipe s’est retrouvée autour d’un excellent repas marocain, en compagnie du Rotary Club de Rabat, de l’ancien Ministre des Transports, du Président de la Fédération Marocaine Aéronautique et de l’ancien directeur de l’Aviation Civile Marocaine.

Rabat – Castellon

Afin d’optimiser les opérations douanières, deux groupes sont formés.

L’un fera escale à Almeria, l’autre à La Axarquia.

Nous transitons à l’ouest de Tanger.

Puis le passage de Gibraltar est toujours aussi magique, avec son fameux Rocher aujourd’hui coiffé de nuages.

Nous longeons le sud de l’Espagne et retrouvons l’alignement d’immeubles aux allures de buildings américains.

ameria espagne  (1 sur 1)
L’arrivée des avions s’échelonne dans l’après-midi jusqu’au coucher du soleil sur la petite piste de Catellon de la Plana.

Des équipages fatigués mais ravis.

Etapes 9 & 10 : St Louis – Dakhla – Agadir

St Louis – Dakhla  (Villa Cisneros) :

 

Cette étape marque pour la plupart des participants le début du trajet retour vers la France.

Pour quelques équipages qui nous ont rejoint à Dakar, il s’agit du départ de l’aventure, tel Mathieu à bord du Cessna 172 D-ESYT, fidèle du Raid Latécoère et en provenance de la Région Parisienne.

lune dunes (1 sur 1)

« Même si nous avons déja effectué le trajet dans un sens, le fait de voler à une autre altitude, nous offre de nouvelles perspectives, des sensations nouvelles et nous permet de redécouvrir les paysages grandioses que nous avons survolé quelques jours auparavant », confie Catherine du PA-28 Arrow, HB-OQN.

Parmi les participants, des profils très différents, en provenance des quatre coins de France, mais aussi de Suisse (à l’exemple de l’équipage du Quebec Novembre), d’Allemagne, de Belgique, d’Argentine, du Mali, de Saint-Pierre et Miquelon et même de Tahiti. Tous liés par une une même passion. Celle de l’Aviation, de son Histoire et des émotions que cet amour du vol suscite.

Le trajet entre Saint-Louis et Dakhla nous conduit d’un paysage et d’un climat tropicaux vers les déserts du Sahara Occidental.

L’approche sur la piste de Dakhla, située sur une péninsule, est superbe.

Daklha – Agadir :

580 Nm séparent Dakhla d’Agadir. Certains équipages feront escale à Laayoune, d’autres à Tan Tan, pour ravitailler.

Les vols se poursuivent vers l’intérieur des terres à cause de l’activité militaire de la zone de Guelmine. Une déviation permettant aux aviateurs de découvrir de nouveaux paysages.

Entre Tiglid et Taidalt, apparaissent les premiers reliefs. Il nous semble voir une carte topographique, où les courbes de niveaux sont parfaitement dessinées.

Nous passons Tiznit, entrée de la zone de contrôle aérien d’Agadir, où se dévoilent les paysages montagneux des débuts de l’Atlas. L’arrivée dans la plaine d’Agadir laisse découvrir des terres ôcres piquetées de vert et l’océan au loin.

L’aéroport Al Massira d’Agadir nous attend.

 

8ème Etape : Dakar – St Louis du Sénégal

Dimanche matin à 9h, les 22 petits appareils se réveillent.

Sur le taxiway de l’aéroport de Dakar, le roulage prend plusieurs minutes, puis les décollages s’enchainent rapidement sur la piste 03.

Virage à droite, cap au Nord et direction St Louis du Sénégal, pour deux jours d’escale et un joli programme axé sur le volet « solidaire » mis en place par l’Association.

 

A l’arrivée sur le terrain de Saint-Louis, un groupe d’enfants accompagné de leurs éducateurs et de la Présidente de la Maison des Droits de l’Enfant, « La Liane », nous attendaient impatiemment.

Dans le cadre de  l’Opération « Envolez-moi » (www.envolez-moi.org), plusieurs pilotes du Raid ont offert quelques instants de bonheur à une vingtaine d’enfants du Centre, leur faisant découvrir, d’en haut, leur ville.

saint-louis-vue-du-ciel-(1-sur-1)

 

Cette Maison des Droits de l’Enfant accueille des garçons et des filles (de 0 à 18 ans), en danger, victimes de violences ou d’exploitation…

L’objectif de la Présidente de « La Liane » est de sortir les jeunes de la rue et de leur assurer le respect de leurs droits, notamment le droit ˆ l’Žducation.

 

Après les vols, le Centre nous a ouvert ses portes.

Tous ensemble, assis en tailleur sur des nattes déroulées dans la cour, nous avons partagé un plat à la manière locale; mais aussi et surtout, apprécié un moment tellement fort !

Des chants, des jeux, des sourires, des gorges un peu serrées…

Une journée emplie d’émotions que personne ne pourra oublier.

Centre-la-Liane-(1-sur-1)

Dans l’après-midi les équipages ont rejoint leur hôtel situé sur la Langue de Barbarie; bande de terre d’environ 30 km de long, située entre l’Océan et le fleuve Sénégal.

C’est ici qu’était installée l’Hydrobase où amérissaient les hydravions qui se lançaient ensuite dans la traversée de l’Atlantique Sud.

Cette première épopée eut lieu en 1927, avec à son bord Mermoz, Dabry et Gimié.

De cet embarcadère, ne reste que le ponton et les bureaux. On peut toutefois situer l’emplacement d’un ancien hangar de l’époque, ainsi que la Tour d’orientation.

 

Lundi, vingt nouveaux baptêmes de l’air ont été effectués avec des enfants du groupe scolaire Elhadj Sidi Ndiaye.

 

La cérémonie d’accueil organisée pour l’occasion fut époustouflante !

Des centaines d’enfants nous attendaient dans la rue. Dans l’Etablissement qui compte 2 800 élèves : des chants, des danses et une chaleur, tant dans l’atmosphère que dans les coeurs !

« C’est toujours très émouvant pour nous de venir dans cette école que nous soutenons depuis 2001 », déclare Hervé Berardi, Président de l’Association, devant une impressionnante assemblée.

 

En soirée, c’est à côté du mythique Hôtel de la Poste que les festivités se sont poursuivies.

Haut lieu de pélerinage des aviateurs, cet hôtel était le lieu de passage obligé des pilotes des Lignes Aériennes Latécoère et de l’Aéropostale.

En ces lieux, on ne peut que penser à Mermoz et à sa fameuse chambre 219 qui donnait d’un côté sur le Fleuve Sénégal et de l’autre sur l’entrée de l’Ile St Louis, par le Pont Faidherbe.

La salle de restaurant actuelle illustrée des paroles de Mermoz, était au temps de nos pionniers, le cinéma de la ville.

A St Louis, les pilotes faisaient escale quelques jours et retrouvaient une ambiance festive après leurs longues étapes sahariennes et avant le périple de la Traversée…

7ème Etape : Nouadhibou – Dakar

6h : Il fait encore nuit lorsque les équipages arrivent sur l’aéroport de Nouadhibou, sous un fin croissant de lune.

Instant magique.

Lampes sur le front, les pilotes effectuent la visite prévol de leurs engins.

6h20 : Briefing, au centre du tarmac. Les appareils partiront à la « queue leu leu » et seul le leader passera les messages radio.

Les décollages doivent s’enchainer rapidement. A 7h30, cause travaux, la piste ferme.

6h45 : Mise en route des moteurs.

7h : Les avions s’alignent, puis commencent à rouler.

Le soleil apparait. C’est beau, tout simplement.

7h02 : premier décollage.

Les autres suivent, parfaitement cadencés.

7h19 : Tous les appareils sont en l’air.

nouakchott vue (1 sur 1)

Cap sur Nouakchott. Montée à 3500 ft, pour éviter la réserve ornithologique du banc d’Argain.

Au sol, quelques flamands roses et des pélicans semblent au repos.

Puis du sable et des dunes.

Après environ deux heures de vol, atterrissage sur la longue piste de Nouakchott (3 km).

Ravitaillement. Tampons de sortie du territoire sur les passeports.

Re-décollages.

Et l’on suit la côté mauritanienne. Une plage à n’en plus finir.

Quelques 4X4 jouant sur les dunes et chatouillant les vagues. Des dromadaires. Quelques tentes.

On passe le fleuve Sénégal, la frontière.

On longe Saint-Louis. On y fera escale dans deux jours.

On aperçoit l’ancien embarcadère de l’Aéropostale, le long du fleuve. De là, les appareils décollaient pour la base brésilienne de Natal.

Une surprenante coulée de sable s’enfonce dans l’Océan. Nous voici à l’estuaire.

Nouvelle plage immense, mais cette fois bordée d’une forêt.

Une ville énorme surgit.

Dakar vue du ciel (1 sur 1)

Après 27 heures de vol, depuis Toulouse, le Raid Latécoère est à Dakar !

 

On s’embrasse.

On est heureux.

Samedi : journée d’escale à Dakar.

Un peu d’histoire :

En mai 1923, le Capitaine Joseph Roig mène un vol de trois Breguet XIV pour prolonger la Ligne jusqu’à Dakar.

Le premier vol commercial entre Casablanca et Dakar a eu lieu en juin 1925.

En été, le trajet durait normalement 23 heures, comprenant 30 minutes de transit (bien moins que de nos jours !) à chacune des cinq escales : Agadir, Cap Juby, Villa Cismeros, Port-Etienne, Saint-Louis du Sénégal.

L’hiver, il fallait compter 32 heures. avec un arrêt de nuit à Cap Juby.

La liaison était hebdomadaire dans les deux sens, en prolongement de la ligne Toulouse-Rabat.

 

6ème Etape : Tarfaya – Laayoune – Dakla – Nouadhibou

Arrivée sur la piste de sable de Cap Juby au petit matin. Enfants, jeunes du Lycée de Tarfaya et enseignants sont là, plus que ravis de rencontrer les pilotes.
Des ouvrages pédagogiques leur sont remis par l’Association, en partenariat avec la Fondation Antoine de Saint-Exupéry pour la Jeunesse, la société Siemens Maroc et le concours de la Fondation Latécoère.
Trois palettes de fournitures scolaires acheminées ici quelques jours auparavant est également offertes collège de Tarfaya.

piste--tarfaya-(1-sur-1)

Après les quelques traditionnelles photos devant les avions, les décollages s’enchainent soulevant une belle quantité de sable.
L’Antonov embarquera les jeunes pour des baptèmesde l’air; événement oh combien attendu !

Un long trajet au programme du jour pour rejoindre la Mauritanie. Avant d’atteindre l’aéroport de Nouadhibou, deux escales sont prévues pour les ravitaillements et les indispensables formalités administratives.
Un premier « saut de puce », d’environ trente minutes, permet de rejoindre l’Aéroport de Laayoune Hassan 1, à la fois base aérienne sensible (partie ouest) et terrain d’aviation civile (partie est).
L’équipage de l’Antonov nous quittera ici pour prendre la ligne commerciale et retourner à leur port d’attache, la Suisse.
Nous retrouverons ce superbe biplan avec deux nouveaux pilotes, sur ce terrain, lors du retour et de cette même escale de ravitaillement.

Nouveau décollage et cap sur Dakla, anciennement appelée Villa Cisneros. Une des étapes de la ligne mise en place par Pierre-Georges Latécoère (1920-1930), où nombreux pilotes de l’Aéropostale firent escale, dont Jean Mermoz, Antoine de Saint-Exupéry ou encore Henri Guillaumet.
Dakhla, l’une des dernières villes avant la Mauritanie, située à 650 km au sud de Laayoune, sur une étroite péninsule (Rio de Oro) qui s’étend sur environ 40 km parallèlement à la côte atlantique.
L’approche est magnifique. La lumière et les couleurs aussi.
Son vaste aérogare est désert et son tarmac particulièrement venté. Casquettes, plans de vol et même quelques billets (des Euros!) prirent leur envol !
Les formalités de douanes réglées, ce sont les avions cette fois qui s’envolent.

A droite, l’Océan. A gauche, du sable à perte de vue. Le désert, le vrai. Sans même une oasis à l’horizon.
Une immense ligne de chemin de fer apparait, la plus longue jamais contruite, sur lesquels circulent des trains interminables. Les GPS indiquent le point aéronautique « Mauri ».
La frontière est franchie. Nous sommes en Mauritanie. L’aéroport de Nouadhibou nous accueille.
Ici, ex Port Etienne, le 2 juin 1925, les pilotes Georges Drouin et Emile Lecrivain et le mécanicien Jean Lavidalie, à bord de deux Bréguet XIV des Lignes Aériennes Latécoère font escale, inaugurant ainsi la première liaison aérienne commerciale Casablanca-Dakar.
Une plaque et une grande hélice plantée devant l’aérogare nous le rappelle.

Barques-nouadhibou-(1-sur-1)

« Vous avez les montres, nous avons le temps », ici ette expression prend tout son sens !
Après quelques heures de palabres, les visas sont donnés et les taxes d’atterrissages enfin réglées.

Une très conviviale soirée attendra les équipages sur la vaste terrasse de l’Alliance Française (sous l’invitation de son directeur), en compagnie de Monsieur l’Ambassadeur de France, de Monsieur le Consul de France et de nombreuses autres autorités.
Une exposition sur l’Aéropostale et une plaque commerative marquant l’escale de l’Aéropostale y seront inaugurées, également en présence du chef d’escale d’Air France en Mauritanie.

5ème Etape : Essaouira – Tan Tan – Tarfaya

Journée dense et riche aujourd’hui !

Décollage d’Essaouira dans une belle brise, avant de virer à gauche pour rejoindre la côte et les plages, à 1 000 ft,  jusqu’à la piste de Tan Tan.

Escale nécessaire au ravitaillement de certains appareils. L’Antonov a quant à lui mis le cap sur Agadir pour embarquer une équipe de France 2 qui suivra le Raid jusqu’à Dakar, en vue d’un reportage pour le « Feuilleton » du journal de 13h (diffusé la semaine du 26/10).

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Après Tan Tan, de surprenantes falaises érodées par les vagues, laissent place à des pitons rocheux et à de vastes cavernes. A l’Est, le désert avec quelques cabanes de pêcheurs, parfois un village ou un complexe hôtelier, incongru dans un tel paysage. En survolant ces étendues désertiques interminables, on réalise l’exploit qu’effectuait chaque jour les pilotes des Lignes Latécoère et Aéropostale… Plages, falaises, déserts immenses,… des paysages grandioses que les équipages ne sont pas près d’oublier.

Tout comme l’atterrissage sur la piste de sable de 700m de long, de Tarfaya – Cap Juby, rendue particulièrement mythique par Saint-Exupéry, chef d' »Aéroplace » de 1927 à 1929. Dès l’arrivée des petits avions, sur cette fameuse escale sud marocaine de ravitaillement des lignes de l’Aéropostale, des dizaines d’enfants sortent d’on ne sait où, les yeux écarquillés.

Il y a aussi de grands gamins. Tous souhaitent se faire photographier près ou dans les avions…  « Et on est heureux de leur offrir un tel plaisir » s’enthousiasme, Christiane membre d’équipage du Cirrus SR20 (de l’Aéroclub Marcel Dassault de Nangis).

Lorsque l’Antonov se pose, c’est un nouvel événement que personne alentour n’a voulu rater !

A quelques encablures du terrain, la petite ville de Tarfaya offre aux voyageurs son Musée de Saint-Exupéry et son Fort historique, auquel était accolée la Maison du personnel de Latécoère – Aéropostale.

Le dîner local est précédé d’une conférence particulièrement documentée et vivante de Bernard Bacquié, sur  “l’histoire de Tarfaya-Cap Juby”. Ancien pilote Royal Air Maroc et ancien commandant de bord Air France, Bernard Bacquié est  devenu auteur-éditeur, spécialisé dans les romans historiques et essais sur l’épopée des Lignes Latécoère – Aéropostale. Son dernier ouvrage  « Saint-Ex au Maroc » est centré sur les différents passages d’Antoine de Saint Exupéry au Maroc.

Pour commander les ouvrages : http://www.editionslaterales.com/accueil.html

Un peu d’histoire :

La reconnaissance des points de soutien intermédiaires sur Casablanca-Dakar n’était pas sans difficulté, nécessitant tant des connaissances géographiques qu’une expérience diplomatique et militaire.

A la demande de P.-G. Latécoère, le Maréchal Lyautey détache un officier, le capitaine Joseph Roig, qui dès décembre 1922 planifie une exploration du tronçon de 1500 km avec l’aide des autorités espagnoles qui contrôlent le territoire.

Au mois de Janvier 1923, le Capitaine Joseph Roig accompagné par le capitaine espagnol Cervera arrivent aux Canaries, d’où ils rejoignent Cap Juby par voilier à moteur.

Durant les trois mois suivants, ils reconnaissent le parcours de la ligne jusqu’à Saint Louis et établissent des accords de principe avec cinq tribus Maures pour l’assistance des aviateurs en détresse.

Le 3 mai 1923, le premier vol d’étude Casablanca-Dakar est effectué avec trois Bréguet 14.

Les pilotes sont Louis Delrieu, Robert Cueille et Victor Hamm. Deux mécaniciens et deux passagers, dont Roig les accompagnent.

Ils rallient Dakar via Agadir, Cap Juby, Villa Cisneros et Port Etienne.

Tout se passe bien, en partie grâce à la prévoyance de Roig qui a fait amener ravitaillement et carburant par bateau à Cap Juby et Villa Cisneros.

Ce sera désormais la pratique courante pour maintenir ces escales, mais les installations permanentes prennent du temps.

Dans tout le Rio de Oro des rapports font état de ravitaillement et d’essence amenés par bateau à Juby, Cisneros et Port Etienne.

Mais les ouvriers craignent des attaques maures et refusent souvent de venir travailler à l’aménagement du terrain.

Une attaque à Juby dégénéra en une bataille rangée entre les troupes espagnoles et les attaquants maures.

Les travaux d’aménagement sont interrompus.

De plus, durant l’été 1925, les mécaniciens nouvellement installés à Villa Cisneros doivent partir pour des raisons politiques (L’impact de la guerre du Rif sur les relations franco-espagnoles), avant d’y revenir bien plus tard.

Les installations des Lignes Latécoère consistèrent d’abord en une baraque Adrian, sorte d’abri en bois utilisé pendant la Grande guerre, installée près du fort pour le personnel.

Plus tard, un Bessoneau bâché (sorte d’entrepôt militaire démontable) y est ajouté pour le matériel.

Comme ils ne sont pas dans l’enceinte du fort espagnol qui est fermé la nuit, le chef d’escale imagine un système d’alarme en reliant une hélice tournant dans le vent quasi constant et fixée à un magnéto et à la poignée de la porte.

Tout intrus tentant d’ouvrir la porte, prenait alors un choc électrique!

Une sentinelle armée gardait en permanence les stocks d’essence et d’huile de moteur.

Des installations similaires furent érigées à Villa Cisneros et à Port Etienne, inspirées par les dispositifs de phares installés en France (à Bordeaux, Toulouse, Carcassonne, Narbonne, Le Perthus).

On ajouta plus tard, sur les trois escales, des phares de navigation à haute puissance pour guider les aviateurs la nuit. Lorsque le groupe électrogène tombait en panne, le personnel allumait des feux d’essence disposés en triangle, dont la pointe indiquaient le sens de l’atterrissage. Un dispositif similaire fut introduit aux escales du Sénégal.

Ce sera une des sources d’ altercations et même de morts de pilotes aux mains de tribus Maures, ainsi que de la captivité, pendant trois jours, de Mermoz.

En effet, les tribus considéraient celà comme une ingérance sur leur territoire.

N’oublions pas celle de Marcel Reine qui, avec l’ingénieur radio Serre, passe près de trois mois en captivité.

Pour être certain d’éviter des incartades avec les Maures, ou même de trouver des alliés (sous formes d’interprètes), les pilotes et chefs d’escales en emploient à des menus travaux pour s’assurer de leur neutralité. Ce faisant, ils s’inspirent des troupes espagnoles qui achétent le poisson frais chez quelques Maures soumis, ou le sutilisent au déchargement des bidons d’eau fraîche amenés par bateau des îles Canaries. En revanche, la nourriture des aviateurs est acheminée avec le courrier depuis Casablanca. Mermoz, affecté à Cap Juby en rotation hebdomadaire en 1927, note l’ennui qui sévit, et que l’on trompe tant bien que mal. Pour passer le temps, il dort quatorze heures par jour et apprend la cuisine grâce à un manuel qu’il a amené… (Mermoz, correspondance,  p. 206). Ses descriptions des limites de leur « liberté » concordent avec celles de St Exupéry, qui plus tard deviendra chef d’escale de Cap Juby.

Dans une lettre à sa mère, St. Exupéry, alors chef de l’aéroplace, note bien le mélange bizarre que représente une affectation à Cap Juby:

« ici on rigole bien (…) et on peut aller sans danger jusqu’à la mer. Ça fait au moins vingt mètres.

Je fais cette promenade plusieurs fois par jour. Mais si tu t’éloignes plus de vingt mètres tu reçois des coups de fusil.

Et si tu dépasses cinquante mètres, on t’envoie rejoindre tes aïeux (…) »

4ème étape : Tetouan – Essaouira

Bien qu’improvisée, la soirée d’hier fut (grâce à la longue expérience du responsable logistique du Raid), appréciée à l’unanimité.
Un exposé sur l’Aéropostale, concocté par un passionné de cette période de l’histoire de l’aviation, Eric Delga (notre gestionnaire des avitaillements), ponctua le dîner.

Ce matin, lever tôt ! Dès 7h30, les équipages sont près de leurs avions.
Assez vite, les avions éclaireurs prennent l’air et montent au niveau 75 (7500 ft), pour franchir la montagne accrochée de nuages et ouvrir la voie.
Les appareils se succèdent alors au décollage. Les uns faisant route directe vers Essaouira, les autres aux « pattes plus courtes » transitent par Casablanca, pour ravitailler.

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Tous devront passer au-dessus de la couche, puis pour les appareils en route vers Casablanca, descendre doucement vers la plaine côtière brumeuse.
Les montagnes pelées laissent place aux plaines légèrement verdies par quelques végétaux, à la foret, puis à l’aridité.
Ce camaïeu de brun et de gris est ponctué de rares villages et de maigres cultures.

L’immense citée de Casablanca apparait.
Le contrôle radio d’entrée dans la zone est particulièrement long à obtenir.
Quant les roues des machines touchent le terrain de Til Mellil, la temprérature africaine invite les pilotes à se mettre rapidement à l’ombre des hangars, pour déjeuner des pains marocains garnis de spécialités… du sud-ouest de la France.
Au décollage, le controle autorise le transit côtier vers Esaouira : itiniraire espéré, qui permet aux équipages de découvrir de manière exceptionnelle, l’impressionnnate Grande Mosquée (Mosquée Hassan 2), émergeant de la ville.

Quant à ceux ayant fait trajet direct vers le Sud Marocain : découverte du centre du pays et de ses paysages contrastés.

Après 3 à 4 heures de vol (selon les performances des appareils): atterrissage sur la piste d’Essaouira, sous une température de 29° et une météo cavok.

La découverte de la ville sera suivie par le traditionnel breifing du Président de l’Association, mettant l’accent sur l’aspect mythique du posé demain à Tarfaya / Cap Juby et insistant sur les consignes de sécurité et les procédures d’arrivée sur les prochains terrains.

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