7ème Etape : Nouadhibou – Dakar

6h : Il fait encore nuit lorsque les équipages arrivent sur l’aéroport de Nouadhibou, sous un fin croissant de lune.

Instant magique.

Lampes sur le front, les pilotes effectuent la visite prévol de leurs engins.

6h20 : Briefing, au centre du tarmac. Les appareils partiront à la « queue leu leu » et seul le leader passera les messages radio.

Les décollages doivent s’enchainer rapidement. A 7h30, cause travaux, la piste ferme.

6h45 : Mise en route des moteurs.

7h : Les avions s’alignent, puis commencent à rouler.

Le soleil apparait. C’est beau, tout simplement.

7h02 : premier décollage.

Les autres suivent, parfaitement cadencés.

7h19 : Tous les appareils sont en l’air.

nouakchott vue (1 sur 1)

Cap sur Nouakchott. Montée à 3500 ft, pour éviter la réserve ornithologique du banc d’Argain.

Au sol, quelques flamands roses et des pélicans semblent au repos.

Puis du sable et des dunes.

Après environ deux heures de vol, atterrissage sur la longue piste de Nouakchott (3 km).

Ravitaillement. Tampons de sortie du territoire sur les passeports.

Re-décollages.

Et l’on suit la côté mauritanienne. Une plage à n’en plus finir.

Quelques 4X4 jouant sur les dunes et chatouillant les vagues. Des dromadaires. Quelques tentes.

On passe le fleuve Sénégal, la frontière.

On longe Saint-Louis. On y fera escale dans deux jours.

On aperçoit l’ancien embarcadère de l’Aéropostale, le long du fleuve. De là, les appareils décollaient pour la base brésilienne de Natal.

Une surprenante coulée de sable s’enfonce dans l’Océan. Nous voici à l’estuaire.

Nouvelle plage immense, mais cette fois bordée d’une forêt.

Une ville énorme surgit.

Dakar vue du ciel (1 sur 1)

Après 27 heures de vol, depuis Toulouse, le Raid Latécoère est à Dakar !

 

On s’embrasse.

On est heureux.

Samedi : journée d’escale à Dakar.

Un peu d’histoire :

En mai 1923, le Capitaine Joseph Roig mène un vol de trois Breguet XIV pour prolonger la Ligne jusqu’à Dakar.

Le premier vol commercial entre Casablanca et Dakar a eu lieu en juin 1925.

En été, le trajet durait normalement 23 heures, comprenant 30 minutes de transit (bien moins que de nos jours !) à chacune des cinq escales : Agadir, Cap Juby, Villa Cismeros, Port-Etienne, Saint-Louis du Sénégal.

L’hiver, il fallait compter 32 heures. avec un arrêt de nuit à Cap Juby.

La liaison était hebdomadaire dans les deux sens, en prolongement de la ligne Toulouse-Rabat.